Interview

Jean-François Antoine Président de Salaisons Bentz

Jean-François Antoine a repris en 2004 la charcuterie artisanale Salaisons Bentz installée à Jarville-la-Malgrange (54) depuis 1960. Reconnue pour la qualité de ses produits (issus de porcs nés, élevés, abattus et transformés en Grand Est) et plusieurs fois récompensée pour sa dynamique commerciale, l’entreprise a reçu le prix Consommateurs Inoval 2018 (concours de l’innovation agro-alimentaire du Grand-Est) pour son jambon cuit truffé en coffret cadeau.

Le territoire

Quel est votre lien avec la Lorraine ?
Je suis lorrain de naissance. Ma famille est ancrée ici depuis plusieurs générations : mon père, mon grand-père et mon arrière-grand-père ont été bouchers-charcutiers du côté du Xaintois. J’ai fait des études en Lorraine avant de partir sur Paris et dans d’autres régions de France. Je suis revenu en Lorraine pour reprendre l’entreprise Salaisons Bentz.

Avez-vous un souvenir fort/une anecdote en lien avec la Lorraine à nous partager ?
J’ai travaillé à Nantes et quand j’ai informé les personnes de mon entourage que je retournais en Lorraine, ils m’ont dit qu’ils ne viendraient jamais me voir. Le reportage télévisé de l’émission « Des racines et des ailes » de 2005 les a fait changer d’avis et a transformé l’image qu’ils avaient de la région.

Qu’est-ce que vous aimez le plus en Lorraine ?
Sa diversité. L’été, les lacs s’ouvrent à la baignade ou à d’autres loisirs. L’hiver, la neige permet de pratiquer sans restriction ski nordique, ski de fond ou raquettes… cela rend la Lorraine très attractive.

Avez-vous quelque chose d’inattendu en Lorraine à nous partager ?
Les Lorrains ont très peu conscience du passé et du savoir-faire de notre région en termes de gastronomie. Par ailleurs, on peut souligner le dynamisme des entreprises lorraines qui mettent en place des projets d’innovation.

Comment définiriez-vous la Lorraine en un mot ?
Richesse.

En quoi participez-vous au rayonnement du territoire ?
Je m’implique énormément pour le collectif et j’y crois. Je suis à la fois trésorier de l’Agria Grand Est, investi depuis le début au sein du comité de pilotage de « La Lorraine notre Signature », membre du conseil de l’institut de l’IUT et du jury d’une Licence professionnelle de l’IUT de Nancy. J’appartiens également au comité d’administration de l’association « Promotion des entreprises des pays du sel » et je fais partie du Bureau du Medef 54.

En quoi êtes-vous fier d’être Lorrain ?
Du fait que, lorsque nous engageons quelque chose, nous le faisons. Par ailleurs, je pense que le Lorrain est relativement besogneux, même si ce n’est pas toujours perçu positivement.

Si La Lorraine était un plat :
La quiche lorraine, pour son côté porte-drapeau

Si La Lorraine était une couleur :
Le jaune

Si la Lorraine était une personne :
Stanislas, un Lorrain d’adoption que j’admire beaucoup, qui a apporté une modernité et a fortement impacté la Lorraine, aussi bien par les constructions qu’il a fait réaliser, que par la politique mise en place, notamment pour les plus défavorisés, et l’empreinte que sa gourmandise a laissée en mettant en avant bon nombre de recettes encore d’actualité : bergamote, madeleine, baba au rhum…

Qu’est-ce que vous avez envie de dire à quelqu’un qui ne connaît pas la Lorraine ?
Venez chez nous, vous serez surpris.

L’été, les lacs s’ouvrent à la baignade ou à d’autres loisirs. L’hiver, la neige permet de pratiquer sans restriction ski nordique, ski de fond ou raquettes… cela rend la Lorraine très attractive.

La démarche de marque

En quoi est-ce important de travailler ensemble ?
Nous sommes toujours plus forts à plusieurs que seul. D’une façon générale, le collectif enrichit. Il nous manque une vraie cohésion au niveau de la Lorraine. En se rassemblant, nous serons plus forts. S’engager ensemble, sans arrière-pensée, permet d’être au centre des informations et aide parallèlement à avancer au niveau individuel.

Pourquoi avez-vous envie de vous engager dans cette démarche ?
Au tout début, mon engagement était un rempart face à la mondialisation, je craignais une trop grande ouverture qui deviendrait incontrôlable. Et puis, je suis Lorrain et convaincu que notre savoir-faire gastronomique est mal valorisé.

Qu’attendez-vous de cette démarche et que souhaitez-vous y apporter ?
Je souhaite pouvoir conforter l’ancrage régional de mon entreprise. Je ne vends pas directement au consommateur final, ce qui m’empêche de communiquer vers lui. En revanche, mes clients savent que je suis engagé dans plusieurs démarches liées à la Lorraine et à la qualité. Cela donne une légitimité à ce que je leur vends.

 

Les valeurs de la marque et le positionnement

En quoi vous reconnaissez-vous dans les valeurs de la marque ? Comment s’expriment-elles sur le territoire ?
Je me reconnais dans ces 4 valeurs et je les porte.
Audace : Elle passe par l’innovation à mon sens.
Excellence : Il est prétentieux de dire que nous pouvons y accéder mais pouvoir y tendre est un bel objectif.
Sincérité : Quand un engagement est pris par un Lorrain, il est tenu. Sur le registre du marketing alimentaire, nous sommes passés du traditionnel à l’authentique, le mot sincérité arrive aujourd’hui.
Ouverture : C’est à ce niveau-là que les Lorrains ont le plus à travailler. Nos villages (villages-rues) étaient construits autour d’une vie communautaire, cependant nous en avons perdu l’esprit. Il faut s’engager, partager, être prêt à consacrer du temps. Même si nous n’en retirons pas directement un bénéfice personnel, c’est, pour moi, construire l’avenir.