Interview
Sophie Loubière

Sophie Loubière, romancière et journaliste

Je suis romancière et journaliste. J’ai commencé mon second métier à Nancy au sein des différentes radios locales privées et sur la locale de Radio France avant d’exercer sur les ondes de France Inter, France Culture et France Info. Après avoir quitté Radio France en 2010 afin de me consacrer pleinement à l’écriture, j’ai conservé un lien avec le micro et enregistre régulièrement des livres audios.

Le territoire

Quel est votre lien avec la Lorraine ?
J’y suis née. J’ai grandi et fait mes études à Nancy. J’ai habité différents quartiers jusqu’au milieu des années 1990 avant de partir travailler à Paris et de m’y installer.

Avez-vous un souvenir fort à nous partager ?
Un souvenir ? Il y en a tant ! Peut-être la venue du Saint-Nicolas à l’école maternelle… Il m’impressionnait presqu’autant que le père Fouettard lorsque j’étais petite. Je me souviens qu’il fallait être bien sage pour qu’il nous donne un sachet rempli de friandises : dedans, on trouvait sa figurine en sucre rouge au goût unique. J’avais toujours peur de ne pas avoir été assez sage et de me voir refuser ma récompense.

Qu’est-ce que vous aimez le plus en Lorraine ?
Sa campagne. Ses vergers. Ses forêts. Ses lacs. La peau tachetée des mirabelles et le velours gris bleu des brimbelles. Son Histoire, aussi, palpitante, émouvante. Ses étés, ses printemps et ses orages. Ses terroirs, ses villages, ses villes au patrimoine architectural hors du commun. L’Ecole de Nancy, la Villa Majorelle, l’Art nouveau. Et les bijoux Baccarat et Daum : ils sont pour moi les plus beaux emblèmes de la Lorraine.

Avez-vous quelque chose d’inattendu en Lorraine à nous partager ?
L’amour que les Lorrains portent aux livres et à l’écriture. C’est une région de lecteurs où les ateliers d’écriture fleurissent plus nombreux chaque année.

Ma région n’a qu’un seul défaut : il est très difficile de la quitter.

Comment la Lorraine vous inspire dans votre travail d’écrivain ?
Elle est présente dans la plupart de mes livres. Elle en est le décor comme dans mes romans « Black Coffee » et « White Coffee » où elle rivalise avec la route 66. Elle apparaît sous forme de citation, de référence culinaire ou historique, ou bien elle s’exprime au travers de personnages féminins auxquels je donne souvent des traits et des origines lorraines. Car être Lorrain, c’est avoir un rapport particulier aux autres, à soi-même, et à la terre.

Comment définiriez-vous la Lorraine en un mot ?
Ouverture.

Qu’est-ce que vous avez envie de dire à quelqu’un qui ne connaît pas la Lorraine ?
La Lorraine, c’est tout un art. Un art de vivre, de travailler, de se cultiver, de fraterniser et d’aller de l’avant. Elle m’a appris la rigueur. Ma région n’a qu’un seul défaut : il est très difficile de la quitter.

La démarche de marque

Pourquoi avez-vous eu envie de devenir Révélateur de Lorraine ?
M’engager et m’investir, que ce soit dans l’enseignement, le partage des connaissances, la vie sociale, pour ma ville ou bien encore pour la promotion de la culture et des auteurs, est complémentaire à mon métier. Dès l’enfance, les deux choses que j’aimais le plus étaient de raconter des histoires et de m’occuper des autres, venir en aide. On reçoit tant à donner.

Qu’attendez-vous de cette démarche et que souhaitez-vous apporter dans cette démarche ?
Ma plume de romancière et de journaliste, ma voix de conteuse, et ma passion.

Quelles sont vos ambitions pour la marque, à quoi vous fait-elle rêver?
A une région dont l’image pourrait se révéler aux yeux des autres différemment et s’affranchir des clichés qu’on lui associe.

Être Lorrain, c’est avoir un rapport particulier aux autres, à soi-même, et à la terre.

En quoi vous reconnaissez vous dans les valeurs de la marque ?
Nous, Lorrains, n’avons pas d’autre choix que de tendre vers l’excellence si nous voulons évoluer, nous révéler à nous-même et aux autres. La sincérité, l’ouverture et l’audace sont nos points forts. Mais ils peuvent se révéler des points faibles car le cœur lorrain rencontre rarement les mêmes échos. Trop d’audace indispose celui qui se contente de peu. Et il est toujours plus facile de critiquer que de faire. Vingt ans de journalisme et autant d’écriture m’ont permis de gagner assez d’assurance pour ne pas prendre ombrage de sarcasmes. Quoi qu’il en soit, on ne se refait pas : un Lorrain recherche toujours franchise et authenticité dans ses rapports avec les autres et dans tout ce qu’il entreprend.

Comment selon vous les valeurs s’expriment-elles sur le territoire ?
Elles s’expriment dans la réussite des Lorrains à l’international. Voyez la carrière que mènent nos artistes et créateurs dans le monde, quels que soient leurs domaines de compétence. Regardez de quelle façon les frères Marchand, restaurateurs et fromagers affineurs à Nancy, exportent leur savoir-faire sur les marchés jusqu’alors fermés aux fromages affinés (Grand Prix Exportateur Stars et Métiers 2018). Pas d’esbroufe. Juste l’excellence d’un métier et une vraie sincérité des rapports humains.

 

© Mélania AVANZATO – Fleuve Editions